Avec le soutien de Enda Inter-Arabe
Avec des jeunes des quartiers populaires
بالفن و الثقافة نغيّر و نتغيّر
Raouf Ben Yaghlane
Notre Agora consiste à mettre en lumière une approche engagée de l’art et de l’action culturelle, outre un débat social, notre Agora se situe au cœur de l'expérience citoyenne . Dans un contexte où le dialogue semble de plus en plus fragile, nous proposons une Agora culturelle et théâtrale, non comme espace de confrontation d'idées seulement mais, aussi, comme un espace de réconciliation, d'échanges et de partages , de rencontre où espoirs et frustrations se trouvent sous le feu de rampe dans un partage entre acteur et spectateurs sous forme évenementielle.
Drogue Drogue
Notre objectif va bien au-delà de la simple présentation d'un spectacle ; nous aspirons à établir un lien significatif entre une performance Théâtrale et les éléments qui la précédent, notamment le cycle de formation de l'acteur aux techniques de l'agora et du théâtre interactif que nous mettons comme condition premiére à la création du spectacle. Nous ne nous contentons pas d'offrir un divertissement, mais nous intégrons cette expérience dans une approche culturelle, mettant en avant de nouvelles pratiques de l'action culturelle.
Nous nous adressons aux quartiers populaires avec le soucis d'impliquer des jeunes issus de milieux défavorisés à travers une formation dans l’art de l’acteur , en adoptant une approche d'action de culture participative. Cette initiative vise à éveiller la créativité des jeunes et à les encourager à s'engager activement dans l'action culturelle et sociale.
La réussite de l’Agora avec les jeunes de Enda.
Pourquoi et comment ?
Il est important de signaler que la réussite du groupe de formation et le succès obtenu par le spectacle présenté dans notre Agora Théâtrale n’est pas venu par hasard. Plusieurs conditions ont été réunies et plusieurs éléments ont été associés et sans lesquels jamais ce résultat événementiel n’aurait pu être obtenu. D'abord l’importance donnée et manifestée par ENDA inter-arabe au projet et les moyens accordés :
10 semaines de formation :
Mise à disposition d'une grande salle entierement couverte pour l'occasion de rideaux noirs ;
- mise à disposition d’un caméraman et d’un photographe pendant 15 jours pour suivre les moments forts de la formation, non seulement pour garder une mémoire en image, mais surtout pour permettre à chacun de prendre conscience de la qualité de ce qu’il fait ,
Notre engagement envers ces jeunes consiste à mettre en lumière une vérité essentielle : en les invitant à partager notre ambition culturelle et notre projet artistique , en leur proposant une formation rigoureuse centrée sur le savoir faire et le savoir être artistique , en leur offrant un espace d'expression, en cultivant leurs talents et en écoutant leurs voix, on ne fait pas seulement apparaitre leurs formidables potentiels créatifs artistiques, mais on fait valoir leur droit à la participation dans l'enrichissement du payasage culturel et artitique dans son ensemble, droit dont ils se sentent exclus. Notre présence dans les quartiers populaires et parmi eux traduit , donc, notre refus de nous aligner à l'ordre culturel établi et mettre notre force créatrice à leur coté.
Notre approche est axée sur la proximité, la formation et l'écoute, elle nous semble devoir être la clé pour déverrouiller le potentiel créatif souvent inexploité chez les jeunes. En leur donnant les moyens de traduire leurs réalités, leurs douleurs et d'exprimer leurs aspirations à travers l'art, ils se réapproprient leur histoire et la partagent avec le monde.
Ainsi notre démarche consiste à "dépasser l'ordre culturel établi" , elle est porteuse d'une énergie nouvelle et d'une vision esthétique authentique . Ce sont leurs rêves, leurs ambitions et leurs préoccupations qui nourrissent ce nouveau paysage culturel que nous voulons contribuer à faire naître. En faisant entendre leurs voix, une nouvelle vitalité se fait naitre .
Partant de la drogue et de ses effets sur le quotidien, nos ateliers de formation se trouvent conduits à des réflexions diversifiés touchant plusieurs sujets qu’on ne peut pas esquiver et qui se sont imposés au cours des séances: radicalisme , extrémisme, éducation , famille, jeunesse , héritage religieux et culturel…
les ateliers de formation ont permis de dévoiler les masques de la drogue, ses arriéres et ses profiteurs à travers un va et viens entre le réel et l'imaginaire; aussi les ateliers ont permis de démasquer les illusions qu'elle donne en illustrant comment la quête de sensations passagères peut nous enfermer dans un cycle de dépendance. Si dessous, une scène où un jeune cherche à échapper à ses problèmes à travers la drogue, met en lumière la tragédie de cette échappatoire, montrant la perte de contrôle et l'aliénation que cela entraîne.
Au cours des ateliers, les participants découvrent comment, plutôt que de se perdre dans des sensations temporaires, le théâtre offre une voie vers une compréhension plus profonde de soi-même et du monde. En incarnant des rôles liés à des histoires de dépendance recueillies lors de nos séances de formation, les jeunes acteurs acquièrent une sensibilité nouvelle : ils apprennent à explorer les causes sous-jacentes de la souffrance humaine. Cela enrichit leur capacité à empathiser avec ceux qui luttent contre l'addiction.
Drogue Drogue
Démasquer les illusions et les faux-semblants induits par la drogue
le théâtre comme forme d'exploration de sujets complexes comme la drogue non seulement en termes de problématique sociale, mais aussi en tant que reflet des luttes internes des individus. En jouant différentes scènes et en changeant des rôles, nous pénétrons les réalités des personnages, ce qui nous permet d'explorer les motivations,les peurs, les angoisses et les désirs qui sous-tendent l'usage des drogues.
Anisi nous découvrons comment Le théâtre agit comme un reflet critique de notre société. En abordant le thème de la drogue, il permet de démontrer comment cette réalité peut déformer notre perception. Les répétitions et les jeux de rôle offrent une expérience immersive, où les acteurs prennent conscience des conséquences de l'usage des drogues, révélant des vérités souvent méconnues sur la dépendance et l’illusion qu'elle crée.
Image et contre image
L'image contre image se présente comme un puissant outil de prise de conscience. Elle invite le spectateur à sortir de sa passivité, à questionner son rapport à la réalité et à développer sa volonté d'agir. En confrontant des images de souffrance telle que nous présentons sur la drogue à des représentations de transformation, le spectateurs se trouve amené à réfléchir sur son rôle dans la société et sur les moyens d'apporter des changements significatifs, que ce soit dans les domaines de la santé, des transports, du logement , de la vie sociale ou de nos interactions quotidiennes.
Le spectateur intervient pour modifier l’image et opérer un changement dans le déroulement de la situation jouée
Ce qui nous a paru crucial à développer, c'etait comment transmettre l'idée que la drogue, non seulement elle fait perdre au jeune la lucidité face à sa réalité, mais plus encore, elle lui enlève la capacité de la maitrise de soi. Ainsi les participants à la formation découvrent comment le théâtre peut devenir une voie de retour vers la lucidité, ce en démontrant aux spectateurs et aux acteurs eux-mêmes comment les personnes impliquées dans l'usage de drogues peuvent devenir des ombres d'elles-mêmes. Cette lucidité retrouvée devient, alors , un symbole de liberté, non seulement personnelle, mais aussi collective. Ainsi, l'acte artistique se confirme comme acte libérateur.
Lorsque nous nous engageons dans le processus créatif, nous nous découvrons dans une liberté absolue qui nous fait ressentir ce que nous sommes et ce que nous pourrions être. En revanche, la drogue nous entrave, nous plonge dans des illusions qui nous empêchent de réaliser notre être et nous éloignent de nos capacités de nous maitriser, d'inventer et de créer par nous même et par notre propre volonté.
Les spectateurs montent sur scéne, rejoignent les acteurs pour former une chaîne afin de tirer le personnage du droguée et le sauver du réseau de la drogue
Au fur et à mesure que notre formation aux techniques de l'acteur de l'Agora théâtrale avance , que notre élaboration artistique et scénique évolue, nous saisissons davantage comment aborder le phénomène de la drogue . En repetant, en jouant les scénes, en changeant les rôles, nous pénétrons le monde de la drogue, et enfin nous découvrons comment le théâtre élargit notre champ de vision et nous éclaire le chemin de la liberté de penser. Penser la drogue théâtralement c'est , d'une certaine maniére, démonter le phénomene, situation par situation, ainsi le théâtre nous fait la démonstration que la drogue nous fait perdre la maitrise de nous même , nous devenons esclaves des illusions et des faux-semblants. Au lieu d'acquérir une compréhension profonde de nos vies ou du monde dans lequel nous vivons, nous perdons notre lucidité, et tout ce que nous recherchons n'est qu' une sensation temporaire que la drogue nous procure, nous isolant de la réalité et nous empêchant de vivre pleinement la vie.
بالفن و الثقافة نغيّر و نتغيّر
Comment notre Agora culturelle et théâtrale prend-t-elle les questions de société telles que la violence urbaine, le chômage, la délinquance, la santé, la drogue, l'immigration irréguliére (Harka), l’échec scolaire, l’extrémisme violent..., et quelles sont les modalités culturelles et les pratiques artistiques qu'elle suggère à créer et consacrer pour empêcher qu’elles s’élargissent dans le terrain afin de prévenir la déviation vers l’obscurantisme, les sentiments de frustration et d’échec, et pour empêcher la propagation de l’extrémisme ?
Le succès d'un processus théâtral ne se limite pas par le simple fait de le réaliser, mais par la qualité de sa réalisation et la manière dont son contenu est formulée. L'activité doit porter un projet qualitatif afin de ne pas rester une simple activité qui enseigne les techniques de l'activité artistique théâtrale. Ici, les techniques deviennent un objectif, alors qu'elles devraient être un outil au service de l'objectif, et non l'objectif lui-même. Lorsque l'activité porte un projet éducatif et artistique , elle devient, alors, au service de ce projet, et l'outil, ici, devient soumis à ce qu'elle vise tant sur la forme que sur le fond.
L'idée de "image contre image" n'est pas venue comme un simple exercice de démonstration technique qu’on veut étaler sur scène, mais plutôt comme une réponse à une interrogation émanante d'une réflexion artistique et critique sur le model du spectacle tel qu’il continue à s’exercer sur le public et sur l’attitude du spectateur face à ce modèle.
L'idée d'image contre image est venue comme suite à un processus de changement dans notre façon de penser le théâtre, penser notre rapport au public et le regard artistique et théâtrale que nous portons sur la réalité et sur la société. Cette transformation opérée dans notre parcours artistique, nous a donné un véritable désir d’émanciper notre rapport à la scène, vers plus de liberté d’échange avec le public.
L'idée d'image contre image consiste à rompre avec nos habitudes de soumission et à embrasser une attitude active et participative. Elle est un appel à l'éveil de l'esprit critique, à la transformation du rapport que nous avons avec nous même, avec autrui et à la création d'un monde plus ouvert où chacun est conscient de son pouvoir d'agir et de réagir. c'est dans cet esprit que que se définit notre Agora théâtrale . En cultivant cette conscience , elle nous aide à nous libérer des chaînes de l'indifférence et construire une société plus équilibrée. Ainsi l'agora incite à un engagement sincère à ne pas rester spectateurs passifs, mais à devenir acteurs productifs de valeurs qui agissent face aux évènement qui nous entourent.
بالفن و الثقافة نغيّر و نتغيّر
Avec le soutien de Enda Inter-Arabe
www.raoufbenyaghlane.net